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 Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]

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I'm Elyse Hurrie
Elision

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MessageSujet: Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]   Lun 11 Juil - 0:21

Suite de: Les zombies sont nos amis ♥
(finalement j'ai pris mon ordi, j'ai donc pu finir mon post \o/ )

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A peine avait-elle lancé les clefs à son camarade qu'Elyse avait couru vers la voiture. Il y avait quoi, 3 mètres? Quelque chose comme ça à parcourir. Pas une grosse distance en tout cas, mais si elle avait maintenu la vitesse qu'elle avait eu durant ces pauvres petits mètres plus longtemps, nul doute qu'elle aurait pu battre le record du 100 mètres. Vraiment, on imagine pas à quel point une bonne poussée d'adrénaline peut vous donner des ailes, enfin, façon de parler. Parce que si on devait s'envoler dès qu'on stresse, Elyse ne serait pas à courir vers cette maudite voiture pour s'échapper.
Une fois qu'elle se fut engouffrée dans l'engin, ne prenant pas la peine de s'occuper des choses comme la ceinture de sécurité, la jeune femme posa son regard sur l'imposant Tank qui poussait un râlement digne d'un goret passant à l'abattoir -rien de très charmant en somme. En tout cas, pas besoin de traducteur pour comprendre qu'il avait une méchante envie de les dévorer -ou pire mais elle ne préférait pas y penser.

Il y a souvent des instants où le temps paraît se figer ou encore avancer au ralenti. Ce fut justement un de ces instants pour Elyse. Elle voyait le Tank se rapprocher lentement d'eux alors que son compagnon tentait nerveusement de faire démarrer cette fichue voiture. Cela dura peu, mais elle stressait tellement, le ventre et la gorge noués par l'angoisse, qu'elle eut l'impression que cela prit un temps fou.
Alors que le seul son qu'elle entendait était celui des battements de son cœur résonnant dans ses tympans, un rugissement eut soudainement lieu. Celui du moteur de la voiture. A partir de cette seconde précise le temps sembla reprendre son cours normal, puis tout alla très vite.
Elle ne sut pas si c'était un acte voulu ou involontaire du au stress provoqué par la situation, bien qu'elle penchait plutôt pour la deuxième option, mais le passeur fonça sur le Tank.
Elyse cru bien pendant un instant que sa dernière heure était arrivée lorsque l'engin heurta le monstre, elle fut d'ailleurs quelque peu projetée en avant sous le choc mais pas au point de passer au travers du pare brise. Comme quoi, même en situation critique, toujours mettre sa ceinture de sécurité.

Il y eut un blanc de quelques dixièmes de secondes où personne ne bougea -même le Tank semblait légèrement perplexe sur le coup, si du moins cette chose pouvait encore réfléchir ou faire quelque chose de semblable.
Alors que la créature se mouvait, Aaron eut le bon sens de ne pas rester figer comme un imbécile mais de dégager la voiture de là en vitesse. Ce fut seulement, et uniquement, quand le Tank fut hors de vue après quelques ruelles qu'Elyse se remit à respirer. Elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle avait retenu sa respiration tellement elle avait angoissé.
Certes, il ne fallait pas se laisser aller, ils pouvaient très bien tomber sur autre chose -de pire ou non- ou retrouver leur ami un peu plus loin, mais c'était déjà un soulagement de ne pas être mort dans les minutes -voir secondes- qui venaient de s'écouler.

Ils finirent par arriver sur une route plutôt déserte et bien éclairée. Le risque de se faire attaquer était donc plutôt minime, et la jeune femme s'autorisa à se détendre un peu. Elle passa une main sur son front avant de grimacer. Elle était en nage.
En passant le fait que notre chère geekette n'avait pas l'habitude de pratiquer une telle activité physique, elle avait bien stressé, elle devait l'avouer -mais ça je pense que tout le monde l'aura compris.

    « ... Ça va ? Pas de casse ? Vous n'êtes pas blessée ? »


Jetant un coup d'œil à son camarade qui était dans le même état qu'elle, ELyse ne répondit pas immédiatement. Prenant le temps de sortir son paquet de cigarette, les mains tremblant encore légèrement, elle en prit une entre ses lèvres et l'alluma. La jeune femme prit une longue bouffée avant de relâcher la fumé cancérigène hors de ses lèvres, ne pensant même pas à ouvrir sa fenêtre pour l'évacuer. Elle répondit seulement à ce moment.

    « Ça va, plus de peur que de mal. J'ai connu pire. » marmonna-t-elle sans s'étaler pour autant sur le sujet, ne voulant pas spécialement se souvenir du « pire ».


Elle prit encore quelques bouffés de son bâton de tabac avant de finalement ouvrir la fenêtre, faisant rentrer ainsi un peu d'air frais -pur, c'était à prouver-, pour le balancer au dehors. Personne n'irait lui reprocher de polluer ou de causer un incendie ici. La zone était assez pourrie en elle-même, alors pour un pauvre mégot de plus ou de moins.

    «Au fait, » Elle le regarda en biais. «Vous avez un prénom, pseudo, quelque chose ? Que je sache au moins comment vous appeler ? »


C'est vrai qu'elle ne s'était toujours pas nommée, et elle n'y aurait d'ailleurs pas pensé d'elle même jusqu'à qu'il lui demande.
L'observant du coin de l'œil, elle tapota un instant son paquet de cigarette, démangée par l'envie de tout de suite en prendre une autre. Finalement, elle se massa la nuque en soupirant.

    « Si on passe par tous les pseudos que j'utilise on en a jusqu'à demain. Va pour mon prénom. Tu peux m'appeler Elyse. Et fais moi plaisir, arrête de me vouvoyer, j'ai l'impression d'avoir 30ans. »


Sur ce, sans plus lui accorder d'importance, elle prit une autre cigarette. Avec la vitesse à laquelle elle vidait les paquets, elle s'étonnait de pouvoir encore respirer correctement -nul doute que ses poumons ne devaient pas être jolis à voir.

Elyse s'accouda à la fenêtre, observant le paysage éclairé. Vraiment, même les rayons du soleil ne parvenait pas à rendre l'endroit plus accueillant. Elle eut un sourire en imaginant ce que pourrait être une annonce pour passer ses vacances ici.

  « Vous cherchez un endroit où passer les vacances? Nous avons ce qu'il vous faut! Avec des zombies ici et là, des tâches de sang et de choses indéfinissables au sol et au mur pour donner un côté plus chaleureux à la ville, sans parler des bouts de chair qui trainent un peu partout! »

Le paradis quoi...

Au fur et à mesure que la voiture avançait, elle commençait à reconnaître le coin. Rien n'avait changé après tout ce temps, personne -de vivant du moins- n'était là pour faire bouger les choses.
Ils ne leur fallu plus beaucoup de temps pour arriver vers l'école d'ailleurs. Elle grimaça en reconnaissant la vielle battisse en briques rouges, bien qu'elle doutait à présent de l'origine de la couleur. Vraiment, la jeune femme aurait préféré ne pas retourner dans cet endroit, mais maintenant qu'elle était là, plus question de faire demi-tour.

    « Gare toi avant de passer le portail. » ordonna-t-elle au passeur. « Si rien n'a changé, ça doit toujours grouiller de charmantes bêbêtes là dedans. Inutile de les avertir de notre présence avec le bruit de la voiture.» expliqua-t-elle en vérifiant que le chargeur de son révolver était plein.
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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]   Mar 6 Sep - 22:54

Ah, la cigarette.
C’était vrai que là, dans l’instant, ça faisait assez envie. Mais non. Aaron s’était juré de ne fumer que très peu. Car oui, cela lui arrivait, de temps en temps, de s’installer et de s’allumer une cigarette, et c’était certainement ce qui ferait en rentrant chez lui, dans son petit appartement de la zone saine – c’est du moins ce qu’il aimerait faire. Mais pas là. Il aurait certainement pu, il avait même un paquet dans son sac qu’il avait jeté entre les deux sièges pour pouvoir conduire plus aisément. Mais il avait un principe : jamais plus de deux par semaine. Et comme il en avait déjà fumé une le soir juste avant, s’il le faisait maintenant, il aurait des remords plus tard.
Vous allez certainement vous dire qu’il se prenait la tête pour rien, et vous aurez raison. Mais c’était aussi un moyen de penser à autre chose. Vous savez, pour éviter de penser qu’il y avait des choses encore pires. Ce n’était certainement pas la meilleure technique, je vous l’accorde. Aaron raisonnait très mal sur ce point, mais on fait avec ce qu’on a comme on dit, non ?

Si la fumée toxique ne le dérangeait pas plus cela, il fut assez reconnaissant envers la jeune femme quand celle-ci ouvrit sa fenêtre. Ça commençait à piquer les yeux – d’après l’odeur, il était facile de deviner que le tabac qu’elle fumait n’était certainement pas de light.
Ame aurait pu se lancer dans un débat philosophique du genre « pourquoi fumons-nous ? » ou « que cherchons-nous dans cet instrument de mort qu’est la cigarette ? » mais rien que d’y penser, un tas de choses lui venaient à l’esprit et lui donnaient un vague mal de crâne – ou plutôt la désagréable sensation que non seulement c’était inapproprié mais qu’en plus, c’était inutile.
Concentre-toi plutôt sur la route et essaie d’éviter les cadavres qui la jonchent, ce sera certainement plus utile.

« Plus de peur que de mal, j’ai connu pire »
Elle allait bien, c’était le principal. Elle avait connu pire, il s’en doutait. Tout le monde avait connu pire. Lui aussi, n’importe qui. Surtout les infectés eux même. Aaron grimaça. Dans cette histoire, ils avaient souffert eux aussi. Il n’aurait pas été étonné d’apprendre que le Tank qu’ils avaient croisé un peu plus tôt était le fruit d’expériences atroces. C’était même très probable. Parce que la Live or Die avait tous les droits et s’était autoproclamée Dieu. Surtout une personne chez eux. Rien qu’en y pensant, Aaron serra fort ses mains sur le volant. Heureusement, sa cliente le sortit de ses pensées en reprenant la parole pour répondre à sa question. Et puis il était peut-être aussi un peu parano et un peu trop terre à terre à ce propos…
Le passeur se baffa mentalement, il partait bien trop vite dans ses pensées et ce n’était pas bon, surtout en voiture.

Elyse, donc. A sa dernière phrase, Aaron s’autorisa un rire tout en se demandant si elle était réellement plus vieille que lui. Ils semblaient avoir le même âge, en fait. Mais cela n’avait aucune importance.

« Alors enchanté, Elyse, » répondit-il même si la jeune femme ne l’écoutait plus vraiment. Il aurait été impoli de rester sans rien dire.
Et puis contrairement à elle, visiblement – ce n’était pas un reproche, chacun était différent – il n’était pas du genre à ne pas accorder de l’importance aux gens. Justement, il avait toujours été quelqu’un de très curieux. Ainsi, il en vint à se demander quel genre de pseudos elle pouvait utiliser. Et dans quel but. Il aurait été tenté de penser à des jeux en ligne, mais tout cela n’était plus vraiment d’actualité. Les gens avaient plus important à faire que de jouer à World Of Warcraft, supposait-il.
Ou alors tenait-elle un blog ? Peut-être faisait-elle partie d’Elision ? D’intuition, il ne la voyait pas fervente fan des actions de la LOD. Mais cela importait peu, de toute façon. Il aurait pu lui demander directement, naïvement, mais il ne le fit pas parce qu’ils n’étaient pas là pour ça. Ils n’étaient pas vraiment là pour faire connaissance (raison pour laquelle il n’ajouta plus rien pendant le reste du trajet), encore moins pour partager leurs idéaux mais pour le travail. Bien entendu, cela n’empêcha pas Amera de continuer à penser. Et puis « LOD-iste » ou membre d’Elision, pour le coup, Aaron aurait compris pour les deux cas. Lui-même contribuait à Elision parce que c’était dans son propre intérêt, mais de son point de vue, la Live or Die n’était pas si noire. Peut-être se trompait-il. Mais il le savait : elle était loin d’être tout blanche aussi.

« – Gare-toi avant de passer le portail, » lui dit-elle – ordonna – lorsqu’ils s’approchèrent de leur destination, avant de lui expliquer la raison de cet ordre
« – C’est comme si c’était fait. »
Après ce court échange, Aaron ralentit considérablement avant de stopper le véhicule au niveau de virage juste avant le bâtiment scolaire. C’était ni trop près, ni trop loin. Ils n’auraient pas trop de chemin à parcourir en cas de problème, et il doutait que ça ait pu réellement attirer l’attention d’éventuels, non, de probables infectés dans l’école. Une fois cela fait, il ne pris pas la peine de retirer la clef – elle était très bien où elle était et ce n’était pas comme si quelqu’un allait la leur voler… au moins, tout serait prêt en cas d’urgence – et attrapa son sac à l’aveuglette alors qu’il ouvrait la portière de l’autre main.
Si la tension était redescendue dans la voiture, elle remonta d’un seul coup. Il n’y avait personne en vue, mais le passeur chargea son arme, attentif au moindre bruit suspect. Heureusement, il n’y en avait pas – il n’entendait qu’Elyse. Il prit donc sans plus tarder le chemin de l’école.

Comme il s’y était attendu, tout était délabré, en ruines. L’école faisait particulièrement peine à voir, avec ses vitres cassées et ses briques noircies. La végétation autour ne ressemblait plus à grand-chose et si autre fois il existait sûrement des buissons, parterres de fleurs et une pelouse, tout était à présent sec, dans les teintes marrons et grises. Il y avait encore des voitures laissées garées là, poussièreuses, mais pas de cadavre en vue.
Bref, c’était un bâtiment à l’abandon comme tous les autres qu’il y avait de ce côté de la ville. « Ecole Lewis Caroll ». Mais s’il n’y avait eu que cela ! Non, là ils avaient pris l’accès pour l’école primaire, mais l’on voyait derrière se dessiner tout le reste du campus, à l’écart. Cela ne donnait pas franchement envie d’y aller.
Mais bon, c’était peut-être moins dangereux de se promener ici plutôt que sur Dead Silent.

Ils passèrent le portail avec prudence, Aaron était prêt à viser et à tirer dès qu’il le faudrait. Il essayait d’être silencieux, mais il avait comme l’impression… que ça allait.
Il n’avait pas le sentiment d’être observé. Il avait le pressentiment que pour l’instant, ils n’avaient pas trop à s’en faire. C’était difficile à expliquer, mais il était relativement confiant. Oh, il se doutait qu’il y avait des infectés là-dedans. C’était obligatoire mais… là c’était bon. La seule chose d’un peu bizarre qu’il entendait, c’était le vent qui sifflait entre les branches nues et cassantes des arbres. Pas de quoi s’en faire, donc. Il se sentait calme, et c’était bien plus pratique pour se concentrer.
Néanmoins il n’était pas stupide et ne se fiait pas totalement à son instinct. Il pouvait tout à fait se tromper après tout, et il gardait en tête qu’ils se trouvaient dans une école. De jeunes infectés perdus, c’était peut-être l’une des pires choses qu’il pouvait y avoir selon lui.

Avant de venir, il avait un peu étudié la carte des lieux qu’il avait pu trouver, et la loge du gardien n’était heureusement pas loin, ils n’auraient pas à s’enfoncer dans le bâtiment si tout se passait bien. Aaron prit une grande inspiration quand il fut proche de la porte d’entrée. Il jeta un œil à Elyse une fois qu’ils eurent traversé le parking et poussa la porte qui se présentait à lui, sous un porche.
Heureusement pour eux, elle ne fit presque pas de bruit. De toute façon, une porte qui grince n’aurait pas vraiment attiré d’infecté. Un éclat de voix ou de lumière, un coup de feu oui. Mais pas un bruit aussi habituel.
Bref, après avoir vérifié qu’il n’y avait personne dans le hall, le passeur y fit quelques pas. Même si les fenêtres étaient sales, la lumière perçait encore et il pouvait voir où il allait. La porte du bureau du gardien était juste à sa gauche. Ils étaient enfin arrivés.

La chance semblait avoir tourné pour se remettre de leur côté un instant, car quand Aaron poussa la porte de la pièce où ils voulaient se rendre, celle-ci était vide de toute présence non désirable. C’était réellement une aubaine, et il s’autorisa un soupir de soulagement. Une fois qu’Elyse fut passée, il referma la porte derrière lui et abaissa son arme. Normalement, ils n’avaient alerté personne, tout s’était bien déroulé. Ouf.
La pièce était en désordre. Il y avait des papiers partout, des canettes vides, des paquets de chips au contenu assez douteux. C’était un capharnaüm pas possible et Amera se pinça l’arête du nez en voyant ça. Organisé dans ses affaires personnelles comme il l’était, ça lui donnait presque le tournis. L’odeur de renfermé, de poussière et de moisi – il aurait pu mettre sa main à couper que cela provenait entre autre de la boite à pizza abandonnée et heureusement close qui trainait dans le coin - n’était pas là pour arranger l’aspect « bordélique » de l’endroit. Ça lui faisait vaguement penser à une chambre de geek.

« – Pas super ordonné, le concierge... » murmura-t-il plus à lui-même qu’à la jeune fille qu’il accompagnait.
Au fond de lui, il espérait qu’Elyse sache où se trouvait précisément l’album qu’elle cherchait. Sinon, ils allaient en avoir pour un moment, avec des piles de cahiers pareilles. Vraiment, c’était possible pour un gardien d’avoir autant de choses ?

« – Mais dis-moi… enfin, non, ne me dis pas si tu ne veux pas mais comment ça se fait que ton album photo se soit retrouvé là-dedans, dans un tel bazar ? » Il ne parlait pas trop fort, tout de même. Savait-on jamais.
Tout en disant cela, il rangea son arme – la gardant toutefois à portée - et fit quelques pas pour s’approcher du bureau du fond de la salle et ouvrit un tiroir au hasard, ce qui fit se soulever un épais nuage de poussière condensée là depuis des années, l’obligeant à fermer un œil et à agiter sa main devant lui dans l’espoir d’éviter de respirer ça. Tousser n’était peut-être pas la meilleure idée.
Il fallait bien commencer par quelque part, hein.

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Je suis DE. SO. LE. pour l'immense retard ! Je vais me faire harakiri de ce pas.

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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]   Ven 9 Sep - 15:24

[Ce post est nul -même si c'est le plus long que j'ai fait- T__T]

Une fois le véhicule garé à quelques mètres du portail, Elyse descendit de la voiture.
La jeune femme prit le temps de rapidement observer autour d'elle. La ville était définitivement morte. Il n'y avait aucun bruit, mis à part celui de quelques feuilles roulant par terre, ni aucun mouvement. C'était comme si le temps s'était arrêté. Et les débris, la saleté et les tâches non identifiées -et dont on ne voulait surtout pas connaître la provenance- témoignaient du carnage qui avait eut lieu dans ce pauvre quartier à présent désert. Et encore, désert, c'était à prouver.
Elyse aurait pu penser quelque chose du genre il n'y a pas un chat dehors vu l'animation dans les rues, mais si elle n'en fit rien c'était juste parce qu'Aaron pouvait jouer le rôle du chat selon elle -plus elle y pensait et plus elle se disait que des oreilles de chat lui irait bien. A vrai dire elle avait été fan du vieux dessin animé Cat's Eyes quand elle était petite, d'où le fait qu'elle avait toujours aimé les chats -d'où peut-être le fait de peut-être avoir choisi cet animal pour le passeur. Ah, et ne vous faîtes pas de fausses idées. Si elle aime les chats, en revanche, rien de tout cela ne voulait dire qu'elle appréciait le brun pour autant. A vrai dire, elle hésitais à le caser dans la case « abruti congénital » ou « mouaiiis... ça peut aller pour le moment ». Mais en tout cas, il lui avait prouvé son sérieux au cours des dernières heures et sa capacité à réagir vite. Donc, il penchait plus vers la deuxième catégorie pour le moment. Allez savoir si ça allait durer...

Quoi qu'il en soit, si ici les rues étaient vides, la rouquine pouvait quasiment être certaines d'être observée. Et ici ce n'était assurément pas un chat qui les observait. Sûrement que parmi tous les rideaux qui flottait dans le vide, encore miraculeusement accrochés à leur fenêtre respective, certains ne bougeaient pas à cause du vent.
Nul doute que les immeubles et quelques maisons environnant devaient grouillés d'infectés, n'osant encore montrer le bout de leur nez -si nez ils avaient encore- à cause du soleil. Il ne fallait pas se faire trop d'idée quant à la discrétion. La voiture avait du faire du bruit, et dans cette ville de silence, il avait du résonner jusqu'à loin. Mais elle espérait au moins que ce dernier n'ait pas franchi les murs de l'école. C'était difficile à concevoir, mais si les murs étaient bien insonorisés -du moins ceux qui n'avaient pas été mis en charpie-, il y avait une petite chance.

Quoi qu'il en soit, il n'y avait plus vraiment lieu de se préoccuper de ce genre de chose en cet instant. Avancer, c'était le seul choix qu'elle avait. Certes, elle aurait pu faire demi-tour, demander à rentrer et espérer retrouver son appartement sans trop de complications -comme par exemple retrouver leur charmant ami le Tank qui devait sûrement se faire une joie d'attendre leur retour. C'était sans doute la décision la plus sage, la moins folle et suicidaire. Mais pourtant, le pas qu'elle fit fut bel et bien en direction de l'école.
Après avoir fait tout ce chemin, pas question de reculer. Pas après avoir été aussi loin. Et puis, elle avait aussi sa fierté -est-ce que ça valait vraiment sa vie toutefois?-, Elyse n'avait aucune envie de passer pour une trouillarde ou une frêle pauvrette sans défense. Elle avait survécu jusque là après tout. Et puis, si elle faisait marche arrière maintenant, aussi prêt du but, elle s'en voudrait toute sa courte vie.
Vie qui pourrait d'ailleurs se finir dans quelques minutes pensa-t-elle amèrement. Mais elle voulait vivre le peu de temps qu'il lui restait sans regret. Alors, autant y aller.

Les deux jeunes adultes passèrent donc le portail en silence. L'ambiance était lourde, quelque peu stressante -parfaite pour un jeu vidéo d'horreur, sauf qu'ici il n'y avait pas de try again si on mourrait. Bien qu'il ne se passa rien alors qu'ils pénétraient dans l'établissement -qui en était presque trop calme du coup- Elyse resta la main crispée sur son arme.
Elle détestait cette tension. Quand tout était calme, beaucoup trop calme, c'était le genre de moment où on avait l'impression que n'importe quoi pouvait surgir de n'importe où. Dans un jeu, elle aurait tirée un peu au hasard, ça la rassurait toujours de faire ça, mais là... elle ne pouvait se permettre de gaspiller stupidement des balles, et de plus, faire du bruit revenait à se suicider. C'était un coup à alerter tous les infectés du coin de leur présence. Autant se tirer une balle dans la tête, c'était moins douloureux.
Mis à part le calme, la seconde chose qui marqua Elyse fut l'odeur. Ça sentait le renfermé, ça puait même, comme si on avait laissé trainer des morceaux de viande avariés dans un coin depuis des années. Et elle avait bien peur que ça soit justement le cas. Non, elle savait que c'était le cas.
Mieux valait ne pas trop y penser.

Après avoir marché quelques mètres dans l'établissement délabré, je vous laisse facilement imaginer que le prix d'une rénovation comporterait beaucoup de zéro, ils furent enfin devant le local du gardien. Pas trop tôt se dit Elyse. Rester ici lui rappelait de mauvais souvenirs à propos de sa première visite. Plus vite elle aurait l'objet et plus vite ils partiraient. Avec un peu de chance, ils ne croiseraient aucun pseudo zombi sur le retour non plus.
Toutefois entrant dans la pièce, elle du se retenir de vomir. Si ça puait dans le reste de l'établissement, en revanche c'était une vraie infection ici. Elle n'avait pas eut le souvenir d'une odeur si forte à son premier passage. Mais bon, depuis le temps, c'était évident que ça aurait empiré. Mais c'était que ça piquait presque les yeux cette saloperie.
Avançant dans le bordel, qui ne la gênait pas tellement à l'instar de l'odeur, -après avoir bien sûr regardé que la pièce n'avait pas « d'occupant » peu désirable-, la jeune femme fit le contour d'un vieux canapé. Écartant le meuble bouffé par le temps et les mites, elle se baissa alors, virant quelques papiers et canettes pour mieux voir. Là, elle le vit. Son album. Il n'avait pas bougé de place depuis, personne n'était venu pour le prendre aussi.
Le prenant dans ses mains, elle caressa la couverture poussiéreuse, qui autrefois lisse était à présent rugueuse. Cette dernière avait rougi à certains endroits -et notre gekette connaissait parfaitement la raison de cette couleur- mais elle était restait dans un état globalement bon. Elle ouvrit alors l'ouvrage, et un faible sourire étira ses lèvres.
Certaines étaient un peu abimées, ou tâchées, mais toutes ces photos étaient bien là. Les photos où elles étaient ensemble. Les photos témoignant d'un temps où tout allait bien, où le conte de fée n'était pas encore fini. Le seul témoignage, autre que ces souvenirs, qu'elle avait vraiment existé, tout comme ces moments de bonheur passé. La vie était tellement morne et dure à présent qu'Élisabeth avait parfois eut l'impression d'avoir tout inventé de cette époque. Que c'était impossible, qu'elle n'avait jamais pu réellement connaître un tel bonheur un jour.
Mais non, si elle savait qu'elle ne connaîtrait plus jamais ça, elle pouvait à présent se rassurer. Ça avait vraiment existé. Elle avait vraiment été là. Ces images eurent l'effet d'une bouffé d'air frais sur elle.

    « – Mais dis-moi… enfin, non, ne me dis pas si tu ne veux pas mais comment ça se fait que ton album photo se soit retrouvé là-dedans, dans un tel bazar ? »


En entendant le passeur, Elyse sortit de ses pensées, refermant l'album. Elle se redressa alors pour le ranger dans son sac, avant d'enfin accorder de l'attention au brun. La jeune femme fixa quelques secondes ce dernier avant de répondre.

    « Avant d'arriver à Crimson City, j'ai du pas mal bouger, et donc faire de mauvaises rencontres. Quand j'étais à cours de balle ou autre, je devais bien trouver autre chose pour ralentir le ou les infectés qui me suivaient. »


Une première fois, elle avait même envoyé son ordinateur portable en plein dans la figure d'un smokeur. Si le coup n'avait fait que le stopper, suffisamment de temps pour qu'elle décampe, l'infecté s'était étrangement prit d'un étrange intérêt pour la machine. A vrai dire, notre chère geekette essayait de capter un satellite pour avoir un gps à ce moment là, et quand le zombi était arrivé son premier réflexe avait été de lui balancer l'ordi -qui la gênait aussi pour courir. Quand la machine avait touché le sol elle avait émis un « bip » strident (oui, les ordinateurs peuvent aussi crier à l'agonie). Et visiblement ça avait passionné l'infecté, pensant sûrement qu'une personne se cachait entre les touches du clavier.

    « J'ai du m'arrêter ici une première fois. » continua-t-elle. « Je cherchais de quoi soigner une plaie, quand un de ces putains de zombis m'ait tombé dessus. Mon flingue était vide, et même si ça m'a crevé le cœur j'ai du lui balancer l'album à la figure -j'avais que ça de lourd sous la main- pour le sonner et filer. »


Si Elyse n'était pas du genre à raconter sa vie, en revanche ça ne la gênait pas d'expliquer ce détail. Il était vrai qu'il était peu commun de perdre un album photo ici, il était donc normal que le passeur soit quelques peu curieux envers les circonstances
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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]   Dim 25 Sep - 20:41

Parmi les choses parmi lesquelles Aaron n’avait pas confiance, les proverbes étaient bien placés dans la liste. Il avait une dent toute particulière contre eux. Tous ces dictons ou autres citations n’étaient vraiment pas son truc et ce pour une raison principale : ils emplissaient son esprit de doute. Ces imbéciles se contredisaient constamment ! Exemple le plus repris : ne disait-on pas que les opposés s’attiraient ? Certes. Ce n’était pas faux. Cependant, un autre disait que qui se ressemblait s’assemblait. Ce qui n’était pas erroné non plus ! Comment se retrouver là-dedans ?
Quoiqu’il en soit, ce n’était pas à ces deux exemples là que le passeur pensait tout en continuant de fouiller dans les tiroirs du meuble en face de lui. Non, là il était en train de se demander quel aphorisme résumait le mieux leur situation actuelle. Ils étaient présentement dans une pièce relativement à l’abri et silencieuse. Pouvait-il donc dire que la chance avait tourné ? Oui, mais il y avait ce fameux silence. Dans ce cas, c’était le calme avant la tempête ?
D’ailleurs, s’il y en avait bien un qu’il haïssait cordialement, c’était « quand on veut, on peut. » C’était d’après lui un ramassis de connerie pur et simple.
Bien entendu, n’ayez pas peur. Aaron ne se fiait jamais aux dictons lors d’une mission – il ne s’y fiait pas tout court en fait - et faisait bien plus confiance en ses armes qu’en les divers préceptes qui pouvaient exister. Il divaguait juste un peu, comme toujours. Il ne fallait pas trop s’inquiéter.

D’ailleurs, après avoir fouillé le bureau de fond en comble, Aaron avait fini par trouver deux choses assez intéressantes. La première était un trousseau de clefs qu’il avait glissé dans son sac. Il trouva absolument génial le fait qu’une petite étiquette indiquant le nom de la pièce qui pouvait être ouverte soit rattachée à chaque clef. En cas d’urgence, il n’aurait pas à faire comme dans les films d’horreur et essayer chaque passe un par un. C’était un gain de temps extrêmement précieux si jamais ils se retrouvaient dans une situation du genre.
Sa deuxième trouvaille fut une boite de bonbons à la menthe pas entamée – tant que ce n’était pas fondu, ça se conservait ad vitam ces trucs-là non ? Un peu curieux, il l’ouvrit et fit un agréable constat : ils étaient en bon état. Il y avait des petites choses comme ça… Il ne se gêna pas pour en prendre un. Ils étaient un peu vieux, mais bons.
Il se retourna ensuite pour en proposer un à la jeune femme derrière lui mais ne la vit à peine : cette derrière se trouvait derrière un canapé qu’elle venait vraisemblablement de pousser, penchée. Sans réelle expression, Aaron s’approcha et pencha la tête par-dessus le meuble pour voir pourquoi elle était là-dessous. Et là il constata que son « vœu » de plus tôt était réalité : elle savait depuis le départ où était son album. Il avait donc cherché pour rien – mais ce n’était pas grave. De là où il était, il ne voyait pas les photos, il voyait juste qu’elle avait l’album ouvert sous ses yeux. Une fois ce constat fait, il recula de quelques pas : il était certes curieux de ce que pouvait contenir le livre, mais il n’était pas indiscret au point de regarder par-dessus son épaule. Et puis elle avait bien le droit d’un moment à elle seule pour regarder les clichés quelle venait de retrouver.

Elle se releva peu de temps après pour répondre à ses questions. Tout le temps où elle parla, Amera ne bougea pas. Et au final, il ne put pas s’empêcher de légèrement laisser tomber sa tête tout en souriant. Elle s’était tout de même battue contre un infecté avec un album photo. Et elle avait gagné. Même si la situation, en soi, n’était pas drôle du tout – se faire attaquer, devoir se séparer d’un objet précieux – il souriait un peu. Il se demanda si c’était déplacé. En tout cas, il releva la tête pour lui répondre.
« Wow. T’as du mérite quand même. Mettre K.O. un infecté avec un album photo il faut le faire. Autrement, tu v- » Il ne termina pas sa phrase : un bruit venait de retentir.
On aurait dit un objet métallique qui heurtait le sol. Ou plutôt comme un tuyau qui roulait, le tout suivi d’un espèce de gargouillement. Ça venait de l’intérieur du bâtiment et ce n’était pas loin.
« Merde. »
D’une manière ou d’une autre, ils avaient dû alerter des infectés.
Il se retourna vers la jeune femme et marcha vers la porte, s’adressant à elle en baissant d’un ton.
« On s’en va. Il va falloir qu’on trouve une autre issue. »
Ses sourcils se froncèrent néanmoins. Elyse avait l’air étrange. Elle avait l’air plutôt pâle, comme malade. Peut-être se faisait-il des idées ? Aaron décida de ne rien dire et de toute façon, il ne pouvait malheureusement pas y faire grand-chose.
Finie la tranquillité. Au moins, ils pouvaient s’estimer heureux d’avoir eu droit à une petite pause.

Ame allait ouvrir la porte d’un coup quand il pensa à quelque chose. Il y avait certainement un infecté derrière ce battant et d’autres encore plus nombreux dans tous les couloirs du bâtiment, dans les salles. Dans les établissements d’à côté, les immeubles d’en face aussi. Autrement dit, utiliser une arme à feu ne serait pas une bonne idée, ce qui le força à regarder encore un peu plus longtemps autour de lui. Ses yeux rubescents s’arrêtèrent sur plusieurs longs morceaux d’acier dans un coin : des battes de baseball qui avaient dû être confisquées il y avait de cela quelques années et donc entreposées ici par le gardien. Elles semblaient avoir vécu, mais elles étaient en état de faire quelques dégâts et c’était une aubaine pour les deux jeunes gens. Sans hésiter plus longtemps, Aaron rangea ses armes et s’empara de deux battes qui leur serviraient de matraque et en lança une à Elyse.
Et c’était parti.

Quelques secondes plus tard, le passeur ouvrit la porte, la batte en avant pour parer toute éventualité. Et ce fut une bonne chose : un infecté qui avait vraisemblablement une épaule déboitée leur faisait face. Du coin de l’œil, il en repéra quelques une près de la porte du parking – bordel – et n’attendit pas qu’il pleuve pour donner un grand coup de gourdin dans la tête de l’ex-personne en face de lui. Crac. Il s’écroula par terre. Il y eut du mouvement à sa gauche, il fallait partir, c’était mauvais. Ils étaient lents, certes, mais ce n’était certainement pas une raison pour rester là. Alors Amera pris le chemin de droite tout en s’assurant que la jeune femme le suivait bien, vers l’intérieur de l’école parce qu’ils n’avaient pas le choix.
Il avait senti son estomac se serrer. Il avait de nombreuses fois été confronté à des infectés, ça faisait partie de son métier et même si ça ne lui plaisait pas de les achever, il fallait le faire, sinon il était mort. Ils l’étaient.
Des adultes, ça allait. Mais des enfants…

Il se souvenait très bien de la première fois qu’il s’était retrouvé face à un gamin. Un enfant pas plus âgé de dix ans, peut-être un peu plus. Il s’en souvenait et en gardait la marque – heureusement jusqu’ici il n’en avait pas recroisé. Or là, ils étaient dans une école primaire. Bon sang. La dernière fois il avait eu l’impression de tirer sur sa petite sœur… quand il avait trouvé le courage de le faire.
Mais ce n’était pas vraiment le moment de penser à cela. Le brun secoua la tête et pris une grande bouffée d’air – renfermé, rempli d’effluves sordides, mais air quand même – et jeta un coup d’œil derrière lui. Ils avaient réussi à semer leurs poursuivants au moment d’un virage.
L’éclairage était franchement mauvais mais toutes les salles de classes avaient leur porte ouverte, ce qui apportait un peu de lumière. Il ne se risqua pas à jeter un coup d’œil à l’intérieur, ça aurait été du suicide : on ne faisait pas mieux comme cul de sac. Cela dit ils ne pouvaient pas continuer à errer dans les dédales de couloir, ils allaient finir par être piégés à un moment ou à un autre. Il fallait qu’ils se fassent oublier, qu’ils ne fassent plus de bruit, qu’ils soient hors de portée. Ils avaient affaire à des infectés normaux qui n’étaient pas très intelligents, il fallait prendre ça en compte et donc faire au plus simple. Ils avaient une petite mémoire.

Puis il jeta un œil à Elyse et là, il se figea une seconde. Ses sourcils se haussèrent, puis se froncèrent alors qu’il s’approchait doucement en reculant de quelques pas - elle avait ralenti.
Elle n’était pas bien, ça se voyait. Il avait déjà remarqué sa pâleur déjà dans la loge du gardien mais à présent elle était vraiment toute blanche, et il aurait pu jurer qu’elle tremblait légèrement. Il l’entendait souffler et quelque chose lui disait que ce n’était pas vraiment de l’essoufflement. Il retint un « qu’est-ce qu’il y a ? » qui aurait sûrement attiré encore plus de problèmes et à la place, il regarda très, très vite autour de lui. Il fallait qu’ils se cachent, la jeune femme ne pouvait visiblement pas continuer comme ça et il fallait improviser. Pas que cela l’énervât, bien au contraire. C’était simplement assez inattendu et il fallait qu’il improvise.
Au final, il finit par le voir, ce placard. Les deux battants étaient entrouverts non loin d’eux et Aaron ne réfléchit pas plus : il l’ouvrit. Il n’y avait personne dans le couloir, ils devaient en profiter.
Il n’y avait heureusement rien dedans : un balais, un seau, des chiffons poussiéreux mais propres et de vieux produits d’entretien. Pas de cadavre ni rien.
Il revint alors rapidement vers Elyse et sans vraiment la ménager – ils devaient aller très, très vite s’ils ne voulaient pas être vus – il la tira dans le recoin du mur, y entra à son tour et referma les portes comme il le pouvait. Là, il tâcha de calmer sa respiration et tourna la tête comme il le pouvait (ce n’était pas très grand, donc le moindre mouvement n’était pas vraiment évident, sachant que lui-même avait le bas des jambes coupées par ce fichu seau et qu’ils avaient les battes et leurs sacs avec eux) vers l’entrebâillement des deux portes : elles ne fermaient pas bien, ce qui lui permettait de voir ce qu’il se passait à l’extérieur. Heureusement, les infectés n’auraient sûrement pas la présence d’esprit de regarder là-dedans puisqu’ils ne les avaient pas vus y entrer, ils n’étaient pas assez conscients pour cela – ils n’étaient plus que des animaux dotés que d’un seul instinct après tout. Ni Aaron, ni Elyse ne saignait et s’ils étaient suffisamment silencieux, ils ne se feraient pas repérer. Il n’y avait pas de Hunter. Autrement dit il n’y avait plus qu’à attendre que tout ce beau monde ne passe pour pouvoir sortir en de nouveau emprunter la porte de sortie.

Cependant, son regard se posa de nouveau sur la jeune femme sur qui était quasiment et inconfortablement affalée sur lui – il ne fit d’ailleurs aucunement attention à la drôle de position dans laquelle ils étaient du moins pour l’instant, franchement il avait autre chose en tête : ne pas de faire bouffer. Et oui effectivement, elle tremblait et ce n’était pas normal. Mais là encore il ne dit rien. Le silence était mot d’ordre pour l’instant.

Être planqué dans un placard. Tu parles d’une cachette.

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I'm Elyse Hurrie
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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]   Mar 27 Sep - 15:11

    De toutes les expressions de notre belle langue, une pouvant parfaitement s'accorder à la situation actuelle serait « la chance tourne », sous-entendant bien sûr un charmant « on est dans la merde ».
    En effet, à peine Elyse eut-elle fini son explication au passeur que ce dernier, tendant une pointe d'humour, fut coupé par un bruit métallique. Immédiatement le silence fut loi, tous les deux comprenant sans grand mal la cause de cela. Ils n'étaient plus seuls, ils venaient vers eux.
    Aussi bien par réflexe que par instinct de survie, Elyse porta immédiatement la main à son arme, tendue et prête à réagir au moindre stimulus. Elle mit d'ailleurs ça sur le compte du stress du moment, mais elle commençait à se sentir quelque peu mal. Mais elle ne s'en occupa pas plus que ça, se concentrant sur l'instant présent. Ce n'était pas le moment de se laisser aller.

    La jeune femme observa alors Aaron qui, plutôt que d'ouvrir une porte, semblait observer autour de lui. Visiblement, il trouva son bonheur puisqu'il attrapa deux battes de baseball, en lança une à Elyse qui l'attrapa au vol et comprit où il voulait en venir. Ça serait beaucoup moins bruyant que leurs flingues et en plus ils pourraient économiser des balles.
    Certes, notre chère geekette n'était pas une grand sportive, mais elle savait suffisamment bouger son corps pour éclater quelques têtes moisies à grands coups de batte. Aux grands mots les grands remèdes comme on dit.

    Tout se passa ensuite très vite. Ouvrant la porte pour y découvrir un charmant zombie visiblement désireux de faire plus ample connaissance avec eux, Aaron le mit immédiatement à terre avant de filer hors de la pièce. Elyse, qui le suivit sans tarder, ne put retenir une grimace au bruit de la batte sur le crane de l'infecté.
    Elle avait beau avoir vécu ça pendant un moment, elle ne s'y habituerait jamais. Le son des os se fracassant mêlé à un splash, comme si un sac de tomates moisies venait de s'écraser au sol, était des plus ignobles. Si la situation n'avait pas été aussi urgente, et si surtout elle-même n'avait pas un solide estomac, la jeune femme aurait sûrement vomi.
    Mais il n'y avait pas le temps pour diverses élucubrations. La sortie était bloquée, ils n'avaient donc pas d'autres choix que celui d'avancer dans l'enceinte de l'école. Elyse déglutit quelque peu à cette idée, sans nul doute que les infectés les attendraient aussi de ce côté pour les coincer dans les multiples culs de sac que pouvait contenir un établissement quelconque. Toutefois, entre foncer dans la masse grouillante de mort-vivants bloquant l'entrée avec taux de survie avoisinant fortement zéro, et entre chercher une autre sortie avec possibilité de cachette et de s'en tirer en à peu près un seul morceau, le choix était vite fait.

    Alors que les deux jeunes adultes voyaient les couloirs et salles de classes défiler devant leurs yeux, Elyse avait de plus en plus de mal à courir. Elle se sentait mal. Sa tête lui semblait lourde, comme si elle avait de la fièvre, et sa respiration se faisait difficile.
    Bordel, c'était bien le moment pour ça!
    C'est alors que, contre toute attente, Aaron se stoppa. Elyse limita, comprenant qu'il semblait avoir vu quelque chose, mais la jeune femme n'eut pas le temps de réaliser quoique ce soit qu'elle se entrainer sans aucune douceur dans un placard à balais.
    Petite vengeance pour le coup de la voiture sans doute...

    La situation n'était pas des plus agréables, ou confortables du moins. L'un contre l'autre, au milieu des balais et autre, sans compter leurs armes et sac, l'espace était des plus réduits.
    En temps normal, dans cette situation qui pouvait être compromettante voir comique dans un autre contexte, Elyse aurait sûrement déjà frappé son camarade à mort en gueulant diverses choses que nous ne retranscrirons pas en ces lieux pour préserver l'innocence les plus jeunes d'entre nous. Mais ici, comprenant bien l'urgence et la gravité de leur situation -à savoir le risque de se faire bouffer- la jeune femme pouvait bien excuser le passeur pour cette fois.
    Si notre geekette ne savait pas pourquoi Aaron avait décidé d'entrer là dedans plutôt que de continuer à courir, elle lui en était en revanche intérieurement reconnaissante. Même si elle ne l'aurait jamais avoué, elle avait besoin d'une pause pour se reprendre.

    Fermant les yeux, elle se laissa légèrement aller contre son camarade, posant sa tête contre son torse. Si elle n'aurait certainement jamais agis de la sorte en situation normale, il fallait ici prendre en compte plusieurs éléments. Un, la situation était tout sauf normale -quoique, si le mot « normal » avait encore un sens à leur époque-, de deux, elle avait vraiment mal au crâne et besoin de se reposer la tête, et de trois, n'ayant actuellement qu'Aaron en face d'elle -même si collé à elle serait plus juste- elle devait s'en contenter comme appui tête.
    Il fallait vraiment qu'elle se calme, qu'elle reprenne la maîtrise complète de son corps. Tâchant de retrouver une respiration plus régulière, la jeune femme se mordit la lèvre pour se réveiller. Elle n'y alla pas de main morte d'ailleurs, bien que prenant garde à ne pas se faire saigner non plus. La douleur était un excellent stimulant pour réveiller les sens après tout. Même s'il était vrai qu'à un certain degré de douleur on ne la sentait même plus tout simplement parce qu'elle était trop grande -ce qui bien sûr dans ce cas était vraiment mauvais signe pour vous.

    La jeune femme n'était pas stupide, elle connaissait parfaitement la cause de son état. Son cerveau ne faisait que réclamer sa dose de drogue, ayant consommé la précédente plus rapidement que prévu à cause du stress intense qu'il venait de recevoir.
    Elle avait tout ce qu'il lui fallait pour arranger ça dans son sac, mais impossible de s'en occuper dans l'espace réduit du placard, sans parler du fait qu'une fois sortis de ce dernier ils devraient filer sans tarder. La seule chose qu'elle pouvait donc espérer était de tenir encore un moment, au moins jusqu'à atteindre une zone sûre où elle pourrait faire sa piqure de « poison » sans risque.
    Mais elle si arrivait encore à se contenir pour le moment, elle ne connaissait que trop bien son corps pour savoir qu'il ne se calmerait pas avant d'avoir eu sa ration. Combien de temps avait-elle avant de s'effondrer? Quinze minutes? Dix? Peut-être moins encore. La suite risquait de fortement se compliquer pour elle.
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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]   Mar 29 Nov - 15:55

L’œil rouge braqué vers l’entrebâillement du placard, Aaron n’était pas vraiment angoissé. Ses pupilles étaient dilatées, son corps était en alerte et il ne tenait compte que de ce qu’il se passait dehors mais ce n’était pas tout à fait du stress ? C’était de la vigilance. Il y avait toujours la crainte de se faire mordre, mais à part cela il n’avait pas vraiment peur pour sa vie, ils n’étaient pas si nombreux que cela et il savait bien viser. Par contre, concernant Elyse… C’était une autre paire de manches.

Une ombre passa devant, Aaron bloqua volontairement sa respiration. Il y eut un son extérieur entre la plainte et le grognement accompagné par un autre bruit continuel, un espèce de raclement. Surement l’un d’eux qui se trainait. Son regard à lui était fixe et il ne clignait que très peu. Il sentit la tête de la jeune femme se poser contre lui mais il ne détourna pas le regard : tout ce qui l’importait pour le moment, c’était les infectés - bien que ce seau qui lui rentrait douloureusement dans les mollets derrière lui et qui le forçait à plier les genoux commençait sérieusement à l’agacer et à le fatiguer. Pourtant il allait bien falloir faire avec, parce qu’il se passa un certain temps avant qu’il n’y ait plus personne derrière les portes du placard ou même dans le couloir. Ce fut dix très longues minutes où Aaron resta à moitié en équilibre. Passé un moment, il fut obligé de bouger son bras pour s’appuyer sur le mur à sa droite, autrement il serait lamentablement tombé et autant dire qu’ils auraient été fichus.
Une fois qu’il n’y eut plus aucun bruit, le passeur attendit encore quelques instants avant de songer sortir, par prudence. Il tourna la tête vers Elyse (et se rendit compte par la même occasion qu’il s’était quasiment dévissé le cou pour regarder dehors) pour voir comment elle allait mais ne trouva que ses cheveux. Ah oui, elle était appuyée sur lui, le front en premier. Depuis combien de temps, il ne le savait pas, ce n’était pas important. S’il n’avait pas voyagé avec elle ces deux dernières heures, il aurait sûrement pensé que c’était de la peur, d’ailleurs peut-être que c’en était, il ne la connaissait pas assez bien pour le savoir. Ce qu’il savait par contre c’était qu’elle n’était pas bien avant même d’entrer dans le placard et la possibilité qu’elle se sente plutôt mal, dans le sens malade, était la plus probable. Et c’était un peu préoccupant pour elle.
Avant de prononcer un quelconque mot, Aaron jeta de nouveau un coup d’œil par l’entrebâillement, assez rapide cette fois, pour s’assurer qu’il pouvait au moins chuchoter sans trop rien risquer.
« Ils sont partis. Est-ce que ça va ? » Question à deux dollars. Bien sûr, elle pétait la forme… Bon, ça ne partait pas d’une mauvaise intention.
Juste après cela, à présent que la tension était un peu redescendue, il se sentit glisser après s’être stupidement un peu relâché. Il savait qu’il n’allait pas tenir longtemps comme ça… Bref, avant que le pire n’arrive, il se redressa complètement pour se retrouver entièrement debout et pas à moitié en train de faire la chaise contre le mur et comme il n’avait pas – plus – tout à fait des abdos d’acier, c’était éprouvant à la longue.
Tout ça pour dire qu’il se releva sans fracas. Par contre, il entraîna Elyse avec lui, forcément, et posa par réflexe une main sur son épaule. On ne sait jamais, elle aurait pu réellement tomber, elle.

Après ça, il y en un instant de flottement où Aaron se demanda quoi dire. Est-ce qu’il devait sortir comme ça sans rien dire, devait-il s’assurer qu’elle allait bien, devait-il rester comme ça immobile ou tout ça à la fois ? Telle était la question. Alors il fit comme il faisait toujours quand il ne savait que dire ou que faire : il gaffa. Ou plutôt si on voulait être plus sympa, il eut une réaction Ame-esque.
Pour éviter de trop s’engourdir l’épaule, il bougea un peu vers la gauche et là, il se rendit compte de quelque chose qui le fit baisser les yeux. Oui, c’était bien vers ça, mais pour sa défense ça aurait perturbé n’importe qui. Pas que cela le perturbait vraiment en vérité, en fait ça ne lui faisait pas grand-chose. C’était juste impressionnant et malgré tous les efforts qu’il fit, il ne peut s’empêcher de le faire remarquer, parce que sinon c’était pas drôle.
« Ah ha, impos… » Pof.
« Imposants, » c’est ce qu’il allait dire. Heureusement, il s’arrêta à temps. Non, il fut arrêté à temps. Dans ses gestes un peu précipités de tout à l’heure, il avait dû faire bouger quelque chose, il ne savait pas trop quoi mais quoiqu’il en soit, c’est une serviette probablement venue de l'étagère au dessus tombant sur sa tête qui l’arrêta. Sûrement pas à temps, mais c’était déjà ça. Il allait sûrement encore se prendre une gifle ou quelque chose comme ça.

Nouvel instant de flottement. Aaron qui ne voyait qu’à moitié à cause du bout de tissu voulut rire nerveusement. Franchement. A la base ce n’était qu’une constatation, ça l’avait rien de mal tourné. Il aurait simplement du éviter de faire une constatation là-dessus… Son expression à moitié pincée démontrait qu’il n’en menant absolument pas large. [i]Ok Ame, t’es trop con, maintenant sors de là avant de te faire démonter.[i] Il s’obéit à lui-même et sortit. Ce fut le facepalm immédiat. Même dans des situations pareilles il arrivait à dire n'importe quoi. Ce n'était pas crédible, vraiment...
Heureusement, le couloir était vide de tout infecté – depuis le temps, ils avaient dû les oublier – ce qui fut un soulagement. Maintenant, il ne fallait pas perdre de temps et regarder la voiture le plus vite possible, et sortir de cette fichue école pour commencer, et partir par là où ils étaient entrés n’était certainement pas une bonne idée. Ils avaient donc trois choix : sortir par une salle de classe qui menait à l’extérieur (mais laquelle ?), passer par les cuisines ou encore par l’infirmerie qui avait nécessairement une issue de secours. Il aimait bien cette dernière idée. En plus, si Elyse avait besoin de soins ou de se reposer, c’était là qu’elle serait plus à même de devoir aller. C’était donc tout décidé. Maintenant, il fallait la trouver, et il ne voyait pas de plan au mur dans le coin.

Il se retourna vers la jeune femme et s’en approcha légèrement
« Tu es déjà venue ici il me semble, non ? Je pense que sortir par l’infirmerie serait une bonne idée, tu sais où elle est ? » Une pause. Il regarda rapidement autour, puis elle de nouveau. « Tu peux marcher ? »

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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]   Mar 29 Nov - 18:06

    Soixante-cinq, soixante-six, soixante-sept, soixante... Zut, voilà qu'elle venait de perdre le compte, il fallait tout reprendre à zéro à présent. Un, deux, trois, quatre... C'était combien déjà? Quatre ou bien quatre-vingt? Elle ne savait plus.
    Depuis combien de temps était-elle ainsi? Ne faisant rien d'autre que compter ses battements de cœur? Elyse n'aurait pas su le dire. Elle savait à peine ce qu'elle faisait là d'ailleurs, ni même où elle était en fait. La jeune femme n'avait plus conscience de rien autour d'elle, la seule chose qu'elle percevait encore était le bruit de son cœur faisant remonter le sang dans ses artères. Pour peu elle l'aurait presque senti glisser jusqu'à ses capillaires.
    Ah, où elle en était? Cinquante, cinquante et un, cinquante-deux... C'était quoi après cinquante-deux déjà?

    Elyse, toujours contre le passeur, ne bougeait pas, figée, comme incapable du moindre mouvement. Tellement concentrée sur cette sensation de manque qu'elle se devait d'oublier, et son cerveau tendant à dérailler, elle avait fini par faire abstraction du monde l'entourant. Si on l'avait observé de plus près, on aurait pu voir qu'elle remuait légèrement les lèvres, sans pour émettre de son pour autant, continuant silencieusement son décompte.
    Elle avait les yeux ouverts mais ne voyait rien. Enfin, si, elle voyait ce qu'il y avait devant elle -ou à ses pieds plutôt- mais son cerveau n'enregistrait pas les informations.
    Il était rare qu'elle en arrive à ce stade là, se piquant toujours dès les premiers signes de manque en temps normal. Sauf que cette fois, elle ne pouvait pas s'attarder sur la seringue. Pas le temps pour ça. Une fois elle n'avait pas fait attention et avait oublié de racheter de sa drogue alors qu'il ne lui restait plus qu'une seringue pleine. Résultat, une fois cette dernière usée, elle n'avait plus rien eu pour la crise suivante. Tremblante, jurant intérieur pour avoir été aussi conne et après avoir vomi une ou deux fois, Elyse avait fini par se planter une fourchette dans la cuisse. Ça faisait un mal de chien et ça pissait le sang en plus, mais c'était tout ce qu'elle avait trouvé pour se calmer à ce moment là. La réaction de son cerveau s'était faite sans attendre; immédiatement il s'était concentré sur la douleur, oubliant le fait qu'il était en manque -et compensant en même temps ce dernier par une bonne dose d'adrénaline. La jambe ensuite bandée n'importe comment elle s'était trainée, tant bien que mal, le plus vite possible chez son dealer. Ça n'avait pas été l'épisode le plus mémorable de sa vie.

    Quand elle y pensait, c'était vraiment pitoyable. Elle ne pouvait plus passer une journée sans s'injecter plusieurs fois ses doses. Certains se droguaient pour les sensations que ça apportaient, d'autres pour oublier... Mais elle, c'était désormais pour survivre qu'elle devait en prendre. La jeune femme avait touché à tellement de truc par le passé qu'avaler ça ne lui faisait plus rien, dans le sens où elle ne partait plus en délire et ne voyait plus rien de complètement loufoque. Non, son organisme s'était trop bien adapté à des doses de ce calibres -qui étaient déjà bien chargées-, il aurait fallu qu'elle prenne quelque chose d'encore plus fort pour avoir à nouveau des délires. Mais elle n'était pas assez conne pour faire ça, et elle n'en avait pas non plus l'envie.
    La seule chose étant maintenant que son organisme refusait de lui répondre correctement sans son injection maintenant habituelle. Vraiment, c'était une belle merde.

    En tout cas, ici, sachant qu'elle ne pouvait ni prendre sa dose, ni se blesser -se faire saigner aurait été suicidaire-, Elyse n'avait pas eu d'autres choix qu'en quelque sorte se « déconnecter » du monde l'entourant. Aaron pouvait d'ailleurs la remercier pour ça, sinon sans doute qu'elle aurait sûrement rendu le peu qu'elle avait avalé ce matin sur lui. Charmante perspective en soit.
    Quand le passeur lui demanda si elle allait bien elle ne lui répondit pas, pour cause; elle ne l'avait même pas entendu parler, trop concentrée à continuer son décompter. Ce fut seulement quand le jeune homme bougea, posant une main sur son épaule pour la retenir -à juste titre, vu son état elle se serait cassée la figure-, qu'elle sembla revenir à la réalité.
    D'un seul coup, le bruit de son cœur fut remplacé par celui de sa respiration irrégulière, des images floues apparurent à nouveau à elle, l'odeur de sang et de pourriture des lieux lui emplit à nouveau les narines, et le vide qui l'entourait fut remplacé par la sensation de la main d'Aaron sur son épaule, celle de ses cheveux collant son front humide ainsi que la douleur de son dos du à sa position inconfortable. Et surtout, par dessus tout, ce fut la sensation de manque qui revient au galop, lui serrant le cœur et lui donnant envie de vomir.

    Combien de temps était-elle restée ainsi? Le regard quelque peu perdu, ses yeux mettant un moment à retrouver une vue plus ou moins nette, la jeune femme observa un instant autour d'elle. Ah, oui, le placard. Ils étaient toujours dedans, et surtout encore vivants. Donc la situation ne semblait pas beaucoup avoir évoluée depuis. En tout cas, Elyse doutait de pouvoir tenir encore longtemps, il allait falloir sortir d'ici. De toute façon ils n'allaient pas rester éternellement dans ce placard non plus.

    Aaron bougea alors, l'obligeant elle même à réajuster son équilibre, et la jeune femme leva son regard carmin sur lui, tâchant de comprendre s'il comptait sortir ou non. Ce qu'elle pu constater c'était que lui même la fixait... ou plutôt fixait une partie de son corps un peu plus basse. … Quand même pas...
    Si ce qu'elle pensait lui fut confirmé par les mots suivants du passeur, ce dernier fut stoppé par une serviette lui tombant sur la figure. Si cette dernière était arrivée trop tard, malgré son air un peu paumé Elyse avait largement eu le temps de comprendre de quoi il retournait, elle eut au moins le mérite de distraire les pensées de la jeune femme un instant -ne s'y étant pas attendue non plus. Et durant ce court instant où elle fut distraite Aaron en profita pour enfin quitter le placard.
    Il fallu une ou deux secondes à la jeune femme pour tout assimiler et se reprendre un peu.

    Alors, un, elle était dans le placard avec Aaron. Deux, ce dernier venait de faire un commentaire dont il aurait vraiment du s'abstenir. Trois, il s'était prit une serviette sur la tête. Quatre, il venait de sortir du placard.



    Elle allait lui défoncer la gueule, oui! Soudainement prise d'une colère noire, qui pour le coup lui remit les idées en place, Elyse quitta elle-même le placard. Alors que le passeur s'avançait vers elle pour lui demander si elle savait où était l'infirmerie, la jeune femme l'attrapa soudainement par le col pour le plaquer contre le mur le plus proche. Sans plus attendre, elle saisit son flingue accroché à sa ceinture -d'ailleurs elle ne savait même plus ce qu'elle avait fait de la batte de baseball, sans doute l'avait-elle laissé dans le placard sans faire gaffe- et le pointa contre l'entre-jambe du passeur.

    « Encore une remarque à ce sujet et je t'émascule sur le champ. » cracha-t-elle non sans lui lancer un regard noir.

    Puis, après l'avoir menacé encore quelques secondes -tient, elle ne tremblait plus pour le coup d'ailleurs- Elyse finit par le relâcher, rangeant son arme. Se détournant de lui, elle observa un instant les couloirs, avant de pousser un soupir. Ça avait au moins eu le mérite de la remettre sur pied, mais pour combien de temps?

    « Pour répondre à ta question, oui je peux marcher, et ensuite, l'infirmerie se situe au rez de chaussé. On devrait pouvoir y accéder en tournant à droite au prochain croisement. Il y aura encore un ou deux longs couloirs à passer si je ne me trompe pas et on y sera. Maintenant, on se bouge le cul, j'ai pas beaucoup de temps devant moi. »

    Sans un mot de plus, la jeune femme se mit en route. Elle passa une main sur son front, jurant mentalement. Elle était couverte de sueur, une bonne douche serait la bienvenue après tout ça, si elle s'en sortait en un seul morceau néanmoins, ce dont elle commençait à fortement douter.
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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]   Mar 29 Nov - 22:09

Aha.
Oui, bon. Il le savait qu’il n’aurait jamais dû dire ça. Et encore, il ne l’avait pas dit en entier ! C’était presque une aubaine. Il n’aurait pas imaginé s’il avait terminé de prononcer le mot fatal.
Une réaction aussi violente ne le surpris pas plus que ça néanmoins. Il s’était déjà ramassé une immense claque, pas de quoi être donc présentement surpris.

Le dos plaqué sèchement contre le mur, il leva les mains sous son regard assassin et haussa les sourcils dans un air qu’il voulut plutôt conciliant, ce n’était pas la peine de la provoquer encore plus.
Cela dit, quand elle pointa son canon vers un endroit critique, il eut une sueur froide. Non, elle ne pouvait pas faire ça. Ça serait trop douloureux. Et puis oui, au fond il savait qu’elle n’allait pas tirer. Elle avait encore besoin de lui pour rentrer jusqu’à Crimson City, et si elle appuyait sur la gâchette, cela ferait bien trop de bruit. Le ‘bang’ du pistolet, mais aussi celui du long hurlement d’agonie qui en suivrait. Sans parler de l’odeur du sang. Non, elle ne le ferait pas.
Il douta quand même pendant les secondes qui suivirent, mais à cela se mélangèrent quelques autres petites choses. Entre autres l’amusement qui se manifesta par un petit sourire un brin nostalgique. Ce n’était pas la première fois qu’il se faisait cette remarque, mais cette Elyse lui rappelait vraiment sa mère (quoique cette dernière aurait certainement employé des mots plus crus encore que l’on ne citera pas ici). Elle aurait tout à fait été du genre à faire ça et c’est peut-être aussi pour cela qu’il se permit de sourire sans avoir plus peur que ça.

Finalement, Elyse le lâcha et il termina de constater qu’elle avait, du coup, l’air un peu moins mal qu’avant même s'il n'avait toujours pas d'explications quant à ce qu'elle avait. Pour combien de temps il ne le savait pas mais il ne la voyait pas trembler et contrairement à l’épisode dans le placard, elle tenait debout. Il en était soulagé, surtout pour elle. Du coup, elle avait indirectement répondu à sa première question.
Pendant qu’elle parlait, Aaron vérifia qu’il avait bien tout : son sac, ses armes, etc. Il reprit un bonbon à la menthe trouvé précédemment d’ailleurs, la barre énergisante ce n’était pas le moment. C’était toujours ainsi, sous conseil d’Edwin, il mangeait du sucre « entre les repas » pour continuer à tenir sans être trop fatigué. Cela corrigeait son petit problème d’alimentation. Contrairement à ce que l’on pouvait penser, cette habitude n’était pas un espèce de geste nonchalant ou je-m’en-foutiste. Loin de là mes amis. Chacun avait ses petites carences, disons, ses petits défauts.
Tout en l’écoutant, il alla récupérer sa batte de baseball dans le placard contrairement à Elyse. Ce n’était pas bien grave car à ce qu’il avait compris l’infirmerie n’était pas très loin, l’école n’était pas immense de toute façon. A la dernière phrase, par contre il fronça les sourcils tout en gagnant sa hauteur. Que voulait-elle dire par là ? C’était une question stupide, elle se sentait mal. Il fallait donc évidemment qu’ils sortent d’ici au plus vite - il le comprit comme ça. Il se contenta d’opiner et confirmant d’un « hn » positif et se mit à la suivre en silence. Dès qu’ils auraient pris le virage ils pourraient tomber sur des infectés n’importe quand. Il détestait les intersections.

Au départ, la marche se déroula sans souci notable mais au bout d’un moment, Aaron se rendit compte que la jeune femme ralentissait convenablement. Il jeta un coup d’œil devant lui, ils étaient tout proches de la salle de soin. Et pourtant.

Elle s’écroula tout d’un coup. Il avait envisagé cela mais pas aussi brutalement : il n’avait même pas eu le temps de la rattraper. Les yeux ronds, il s’accroupit près d’elle avec un immédiat « Hé, qu’est-ce qu’il y a ? » réellement concerné. Il lui toucha l’épaule et la secoua légèrement pour la faire réagir, mais il n’eut rien de satisfaisant.
Dans l’ombre il ne voyait pas très bien mais le sac de la jeune femme avait heurté le sol et quelques objets s’étaient rependus par terre. Il la vit saisit quelque chose mais il ne sut pas quoi et pour le moment il ne cherchait pas à savoir : elle ne répondait pas, donc elle ne l’avait certainement pas entendu ou n'avait pas la possibilité de répondre. C’était mauvais ça, même s’il ne savait pas du tout ce qu’elle avait. Heureusement qu’ils étaient proches de l’infirmerie.
Ni un ni deux, Aaron abandonna sa batte de acier pour prendre le bras d’Elyse et le passer dessus ses propres épaules pour la relever. Il vérifia que personne ne rodait près d’eux et sa redressa pour l’entraîner avec lui. Enfin, il entra dans l’infirmerie. La pièce était vide de toute présence elle aussi. Tant mieux : il verrouilla immédiatement la porte après l'avoir refermée. Sans traîner il l’amena jusqu’à un lit d’appoint recouvert de poussière et l’y déposa, au moins elle était mieux là que sur le sol.

Puis, là, il se demanda quoi faire. Quand ses clients avaient une blessure il pouvait s’en occuper comme il pouvait, quand les symptômes du V-1LOD5 se manifestaient il savait quoi faire (là c’était absolument impossible, elle était porteuse saine) mais là, il était assez perdu et stressé. Bon sang, qu’est-ce qu’il lui arrivait ?
La pièce était bien plus claire que le couloir à cause des fenêtres donc les vitres étaient légèrement brouillées et à présent, il pouvait bien mieux la voir. Autant dire qu’elle était d’une pâleur à faire peur. Dire qu’elle n’avait pas l’air bien aurait été un euphémisme.
Il était à deux doigts de sortir son portable pour appeler un médecin qu’il connaissait bien quand son regard, à force de se poser un peu partout pour essayer de comprendre, tomba sur le poing refermé de la jeune femme. Il se pencha un peu vers elle, les yeux grands ouverts. Il était bien loin le sourire. Puis il recommença comme tout à l’heure à la secouer par l’épaule un peu plus franchement cette fois. Il fallait qu’elle lui réponde. Sa crainte pour l’instant était qu’elle tombe dans l’inconscience : ils ne pouvaient certainement pas s’éterniser ici, d’ailleurs il ne pouvait pas parler très fort.
« Reste avec moi, ok ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Il faut que tu me dises ce qu’il se passe ! »

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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]   Mer 30 Nov - 15:34

    Allez, ce n'était plus très loin. Il fallait qu'elle tienne. Encore quelques mètres à faire et elle serait sortie d'affaire, à moitié du moins. Inspirant un coup, la main crispée sur son haut, à l'emplacement de son cœur, Elyse tâcha de se calmer. Elle devait reprendre le contrôle, faire le vide dans sa tête, oublier ce manque qui l'oppressait et manquait de la faire vaciller à tout instant.
    Encore un tout petit peu, encore quelque pas et... Non, non.. ça n'allait pas bien, pas bien du tout même. C'était la grosse merde dirait-elle même.

    Alors qu'elle avait repris un peu d'aplomb et s'était remise en marche, la jeune femme n'avait pas tardé à ressentir à nouveau le contrecoup qu'était le manque. Bordel, pourquoi de toutes les conneries et autres merdes qu'ils auraient pu mettre dans leur sérum à la con, la LoD avait-elle du mettre une putain de drogue de merde dedans! Enfin, non, elle savait pourquoi... mais vraiment... elle aurait même préféré choper la syphilis ou autres conneries plutôt que de redevenir une toxico.
    Hélas, on ne lui avait pas donné le choix, et voilà à quoi elle en était réduite à présent; à ne même pas pouvoir faire quelques mètres sans avoir eu sa raison de drogue.
    D'ailleurs, elle commençait à voir trouble avec tout ça... et... le couloir ne s'était pas mi à légèrement tanguer? Ah, non, c'était elle qui perdait son équilibre. Elle...

    Elyse n'eut pas le temps de comprendre grand chose qu'elle s'était retrouvée à terre. Depuis quand était-elle au sol? Elle ne le savait même pas. Ça y est, son cerveau se remettait à faire des siennes.
    Fais chier! Et dire qu'elle était si proche du but! Elle ne pouvait pas chuter maintenant quand même!
    Alors qu'elle essayait de se redresser tant bien que mal, la vue de plus en plus floue, elle perçut divers objets devant elle. La jeune femme mit quelques secondes à comprendre que son sac venait de se renverser. Et là, elle la vit. Sa seringue. Le boitier la contenant s'était ouvert dans la chute et elle était miraculeusement intacte.
    Aaron l'appela et la secoua même, mais c'est à peine si Elyse l'entendit ou même le remarqua tout simplement. Tout ce qui lui restait de conscience -autant dire pas grand chose- était concentré sur cette seringue, cette seringue qui représentait sa seule chance de s'en tirer. Tremblant comme si elle avait Parkinson, la jeune femme réussit à saisir l'objet dans main, qu'elle referma dessus jusqu'à en être crispée. Pas question de la laisser s'échapper.

    La brune se rendit alors compte qu'elle était à nouveau debout. Comment... ? Tournant légèrement la tête sur le côté, elle perçu alors Aaron à ses côtés. C'était vrai, il était là lui aussi, elle l'avait presque oublié avec tout ça. C'était donc lui qui la faisait avancer? Sans doute, oui... Vraiment, elle était dans un sale état, n'arrivant même plus à réaliser de suite une évidence tellement ses sens étaient brouillés.
    Et oui est-ce qu'ils allaient comme ça? Ah oui, l'infirmerie. Elle ne tarda à se sentir en position allongée... c'était même confortable. Un lit? Ils étaient déjà à l'infirmerie alors? Ça avait été rapide, à moins qu'elle même n'est déjà perdue la notion de temps déjà.

    Aaron la secoua doucement à nouveau tout en lui parlant, mais elle avait du mal à le comprendre. Tout ce qu'elle entendait n'était que des bourdonnements confus, comme si une abeille était entrée dans sa tête.
    Soudainement, un violent tremblement prit la jeune femme, avant qu'elle ne se redresse d'un coup pour vomir -elle eut le réflexe de se pencher pour rendre sur le sol. Haletante, plus pâle que jamais, un sale goût dans la bouche et tremblante, Elyse resta sans bouger un instant. Qu'est-ce qu'elle faisait là déj... Putain la seringue!
    Dans un sursaut de lucidité, elle baissa les yeux sur la seringue qu'elle tenait toujours en main. Ses articulations étaient d'ailleurs devenues rouges à force de se crisper dessus comme si sa vie en dépendait -ce qui n'était pas totalement faux. Tremblante, elle remonta comme elle le pouvait la manche gauche de son haut, dévoilant plusieurs fines cicatrices sur son poignet, témoignage de ses précédentes injections. Là, elle tenta de se piquer, mais elle tremblait beaucoup trop, sans parler de sa vue floue. Elle n'arrivait à viser correctement, mais elle ne pouvait pas se permettre de se louper. Et plus elle angoissait, plus sa main tremblait d'avantage.

    Et merde, merde, merde!
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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]   Jeu 1 Déc - 18:33

Aaron n’était malheureusement pas médecin. Il n’avait pas assez de connaissances en la matière pour pouvoir dire ce qu’elle avait. Quand elle se pencha pour rendre, il eut le réflexe de se décaler sur le côté. Ça ne le dégoûta pas plus que ça, au contraire ça l’inquiéta plutôt. Elle était pâle, elle n’avait plus de forces, elle perdait conscience, elle vomissait… Insolation ? Non, pas possible avec ce temps. Indigestion ? Ils n’avaient pas mangé depuis des heures. Alors quoi ? Elle ne lui disait rien (ce n’était certainement pas de sa faute, elle n’avait pas l’air de l’entendre), ne lui montrait rien et dans cette situation il ne pouvait rien deviner. Autrement dit il se sentait parfaitement inutile.

Pourtant, une réponse ne tarda pas. En effet, Elyse finit par se redresser pour baisser les yeux vers sa main, Aaron suivit son regard. Elle avait desserré sa main, soulevé sa manche et d’un coup, tout devint plus clair. Une seringue, des cicatrices au poignet. Elyse était purement et simplement en train de faire une crise de manque ce qui dans l’absolu était plutôt une bonne nouvelle : dans tous les cas malgré la sensation qu’elle devait avoir, elle n’allait pas mourir et en plus, elle avait une dose opérationnelle. Coup de chance : Aaron était capable de piquer quelqu’un. Ça oui, il savait faire. D’autant plus qu’ils étaient dans une infirmerie, ça allait largement faciliter la tâche.
La seringue ne demandait plus qu’à être injectée. Il ne savait pas à quoi la jeune femme se droguait mais il était plutôt content qu’elle eut été prévoyante : il n’aurait certainement pas su faire, par contre, toute la préparation si elle avait nécessité cuiller et vinaigre, etc.

Elyse commença à essayer de se piquer, il la stoppa tout de suite en lui arrêtant les mains. Tout ce qu’elle allait réussir à faire, c’était de se faire saigner et / ou se rater. Effectivement, il fallait être plutôt prudent et éviter de faire couler trop de sang, il ne fallait pas oublier où ils étaient. Alcool et compresse s’imposaient. Et puis si elle se ratait, il n’osait pas imaginer le chemin du retour.
Sans lui demander son avis (elle allait certainement encore vouloir le tuer pour ça), il lui prit la seringue des mains et se leva. Pendant qu’il cherchait de quoi désinfecter, il emmena la dose avec lui : il préférait éviter qu’elle se l’injecte dans la panique alors qu’il avait le dos tourné. Heureusement cela ne pris que quelques secondes, ce qu’il recherchait étant au même endroit, dans un placard non loin de là. Ensuite il ne perdit pas de temps et souleva sa manche complètement. Il ne savait pas comment faire pour piquer au poignet, il se dirigea donc vers le coude une fois qu’Elyse fut immobile. S’il était d’un parfait sang-froid, dès qu’il eut fait rentrer l’aiguille dans la peau après l’avoir nettoyée rapidement, il se dépêcha de recouvrir la plaie avec la compresse ; autant pour lui-même que pour le sang qui pourrait s’échapper. Il grimaça. Il n’aimait vraiment pas cette vision, ça lui faisait le coup à chaque fois.

Il appuya doucement sur le piston, l’aiguille dans le sens de la veine, vers le haut et quelques secondes plus tard, il vit la jeune femme se détendre. Cela le fit sourire, rassuré. Sans jamais retirer la compresse, il enleva la seringue qu’il posa sur une table de chevet à ses côtés qu’il venait de remarquer. Ensuite il pris le poignet libre d’Elyse et posa sa main sur la compresse.
« Tiens ça deux minutes, c’est pour le sang. »
Après cela, il ramena son sac vers lui et fouilla un instant dedans pour en sortir une bouteille d’eau qu’il tendit à la jeune femme – pendant un instant il avait songé à prendre de l’eau du robinet avant de se souvenir qu’il ne devait pas y avoir l’eau courante ici en toute logique. Au moins après un vomissement, ça allait l’aider à lui faire passer le goût désagréable.
« Ça va mieux ? »
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Oh que c'est court <____<

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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]   Ven 9 Déc - 3:05

    Pas bon, ce n'était pas bon du tout, mais alors vraiment pas. C'était même la grosse merde. Sa vue était floue, sa main tremblait -c'était à peine si elle sentait encore la seringue entre ses doigts même. Il fallait qu'elle se pique maintenant mais elle n'y arrivait pas, et elle ne pouvait se précipiter non plus; elle n'avait pas le droit à l'erreur.
    Et merde, elle avait trop attendu, et voilà où elle en était maintenant. Fait chier!

    Alors que tout son être était concentré sur cette putain de seringue, qui à elle seule représentait tout son monde actuellement, Elyse ne perçu pas Aaron s'approcher d'elle. A vrai dire, elle ne réalisa pas tout à fait quand il lui attrapa la main pour la stopper. Ce fut uniquement quand la seringue lui fut arrachée que la jeune femme sembla tilter que quelque chose n'allait pas.
    Bah... plus de seringue?
    Si elle arrêta de bouger pendant quelques secondes, le temps que l'information lui monte au cerveau -où ce qu'il lui en restait de fonctionnel du moins-, dès que ce dernier eut analysé la situation la panique l'envahie de nouveau. Sa seringue?! Merde! Elle était où?! Elle allait faire comment sans?!

    Une flopée d'injure, trop vulgaires pour être ici retranscrites, lui traversa l'esprit. Et merde! Paniquée à l'idée de devoir rester dans cet état -limite se retrouver à nouveau en face du tank lui aurait presque fait plaisir à côté de ça-, elle avait presque envie de chialer.
    C'est alors qu'elle senti un contact sur son bras. Non, une douleur même. Bougeant légèrement la tête, son regard embrumé vint se poser sur son bras, dans le creux de son coude plus précisément. Hein? La seringue était de nouveau là? Elle s'était piquée au final... ? … Non. Mais même si elle avait la cervelle en marmelade actuellement, Elyse avait encore un tant soit peu de lucidité pour savoir qu'une seringue ne venait pas vous piquer toute seule comme ça.
    Alors comment?

    Ses yeux découvrirent alors une main derrière la seringue -si, si, je vous jure, une main, incroyable n'est-ce pas?-, puis un bras, avant d'enfin voir un visage. Qui... ? Il lui fallu quelques secondes de plus pour comprendre que la personne a ses côtés n'étaient autre qu'Aaron, le passeur.
    Alors que la drogue commençait à circuler dans son corps pour rejoindre son cerveau qui ne demandait que ça depuis le début, ce dernier accepta de se remettre doucement en marche, permettant ainsi à la brune d'un peu mieux réfléchir.
    C'était vrai qu'il était resté avec elle pendant tout ce temps, mais avec tout ça... elle l'avait complètement zappé. C'était donc lui qui venait de la piquer. Elle ressenti de la reconnaissance envers le garçon à cette pensée, alors qu'un immense soulagement s'emparait d'elle tandis que ses sens lui revenaient doucement. Elle était tirée d'affaire.
    Elyse cilla alors, réalisant que de son camarade venait de lui demander quelque chose. De quoi? Baissant ses yeux sur l'endroit piqué -qui était aussi lui même bien bousillé, mais pas autant que son poignet quand même- elle comprit alors qu'il parlait de la compresse sur sa peau. Qu'est-ce que ça foutait là, ça? Ce fut quand la jeune femme entendit le mot « sang » qu'elle se souvint de là où ils se trouvaient. Dans la zone rouge, dans un pauvre bâtiment scolaire infecté de zombie, et sans aucun doute dans une belle merde si elle se mettait à saigner.
    Elle obéit donc, tenant la compresse de sa main encore légèrement fébrile. Après ce qu'elle venait de vivre, elle aurait besoin de quelques secondes de plus pour complètement se remettre.

    Elyse aperçu alors Aaron lui tendre quelque chose. Une bouteille d'eau? Elle ne dirait pas non, avec le sale goût qu'elle avait dans la bouche. A vrai dire, elle avait elle-même une bouteille dans son sac -si du moins cette dernière ne s'était pas cassée la figure dans le couloir, à vérifier- mais ce fait ne la frappa pas plus que ça. C'est pourquoi elle accepta l'objet de bonne grâce, hochant faiblement la tête en guise de remerciement.
    Elle en bu une longue gorgée, et putain ce que ça faisait du bien. Elle avait la gorge complètement desséchée et était complètement déshydratée. Certes, ça ne valait pas une bonne bière, mais là elle se contenterait de ça. C'était déjà plutôt pas mal vu leur situation.

    Une fois qu'elle eut fini, elle reposa la bouteille et s'occupa de reprendre doucement son souffle avant de se passer une main sur la figure. Elle se sentait déjà mieux, mais ne rêvait que d'une chose; une douche. Il faudrait malheureusement attendre de rentrer pour ça.
    Elyse daigna alors enfin poser son regard sur le passeur qui lui demandait si elle allait mieux. Elle hocha vaguement la tête avant de regarder son coude. La compresse était retombée sur le lit, une petite tache rouge en son centre, mais sa peau ne laissait plus s'échapper de gouttelettes carmins. C'était déjà ça.

    « Merci. » articula-t-elle doucement, comme si ça faisait des années qu'elle n'avait pas parler.

    Vraiment, elle devait alors l'air pathétique comme ça... Aaron devait sans doute penser qu'elle était une pauvre droguée pitoyable pour en être arriver là, et il n'aurait pas tord de le faire. Elle lui jeta un bref coup d'œil.

    « Vas-y, fais tes commentaires sur la pauvre fille que je suis, j'dirais rien. »

    Elle ne savait même pas elle même si ce qu'elle venait de dire était ironique ou non...
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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]   Lun 16 Jan - 0:46

Laissant le temps à Elyse de reprendre ses esprits, Aaron s'était levé pour faire quelques pas dans la pièce. C'était le moment de faire une petite pause, de faire tomber un peu le stress. Ca allait sûrement repartir mais dans l'immédiat ils étaient au calme, il n'y avait pas de bruits suspects à l'extérieur. Et puis cela faisait du bien de se dire que le plus difficile était passé. A priori. Puisqu'il y avait quand même eu pas mal d'imprévus dont un Tank, un placard et une crise de manque. Lors d'une mission, c'était rare qu'autant de choses arrivent en seulement quelques heures.
Tout ce qu'il restait à faire maintenant était de reprendre la voiture qu'ils avaient laissé non loin de l'enceinte de l'école et de rouler jusqu'à la zone saine. Cela s'annonçait plutôt bien, d'autant plus que la porte de sortie n'était qu'à trois ou quatre mètres de lui. Pas question de baisser sa garde pour autant, le passeur n'arrêtait pas de se le répéter.
Et puis ils étaient présentement dans une infirmerie, Aaron n'allait donc certainement pas se priver pour se servir - autant que ce qui était entreposé ici serve, ça faisait moins de choses à acheter dans les magasins de Crimson. Il était en train de jeter un coup d'œil plus attentif au placard qu'il avait ouvert tout à l'heure quand il entendit la jeune femme qui l'accompagnait parler.

Elle le remercia, et Aaron s'apprêtait à lui dire quelque chose comme « Y a pas de quoi » mais elle continua. Ses mots le firent hausser un sourcil.
« Vas-y, fais tes commentaires sur la pauvre fille que je suis, j'dirais rien. »
Il la regarda un instant avant de hausser les épaules et de retourner à son exploration, passant à présent à un tiroir duquel il sortit trois bouteilles d'alcool à désinfecter et tout un tas de compresses à présent inutilisables.
« J'aurais aucune raison de dire ça. Tu dois avoir tes raisons. »
Et il pensait parfaitement ce qu'il disait. A ce niveau là, si elle se droguait ce n'était certainement pas pour le fun, pour voir des aurores boréales et des petites étoiles bleues au plafond mais plutôt pour garder toute sa tête, Aaron venait d'en être témoin. Dans le monde où ils vivaient actuellement, pour en arriver là, il devait y avoir une histoire en béton derrière qui devait être tout sauf joyeuse.
Et puis même. Avant, sans cette histoire de virus, être accro à la drogue était loin d'être plaisant. Conscient de cela, quel être humain Aaron aurait-il été en la traitant de pauvre fille ? Il ne la connaissait pas, donc il n'avait pas le droit de dire quoique ce soit.
Parallèlement à cela, même s'il avait pensé cela il ne l'aurait certainement pas dit. Elle était une cliente après tout, et insulter une cliente était la dernière chose à faire.

Il n'y avait plus grand-chose d'utilisable dans cette infirmerie. Tous les bandages ou autres gazes étaient jaunis par le temps. Il n'y avait que les bouteilles qu'il venait de trouver qui restaient utilisables. C'était toujours ça de pris.
Enfin il jeta un œil aux fenêtres à moitié opaques à côté de lui. Peu de lumière y passait, il faisait gris dehors malgré qu'ils soient encore dans l'après-midi. A cette époque de l'année, le soleil se couchait tôt et le temps qu'ils arrivent jusqu'aux remparts de la zone saine, le crépuscule serait là. Il était temps qu'ils lèvent le camp.
Rangeant une bouteille de désinfectant dans son sac - les trois auraient été trop encombrantes - il se retourna vers Elyse.
« Il faut qu'on parte d'ici. Ca va aller ? »
Cette fois-ci, il chargea l'une de ses armes. Ils n'avaient à présent plus besoin de se restreindre niveau bruit, ils devaient atteindre la voiture. Et puis il se sentait franchement plus confiant avec un pistolet entre les mains plutôt qu'avec une batte.

Comme si tout était réglé sur une horloge, dès qu' il eut enlevé le cran de sécurité un grognement se fit entendre depuis dehors suivi de plusieurs autres, plus lointains. Se retournant immédiatement, il vit derrière la vitre vers le côté opposé à la porte une silhouette humaine. Pas besoin d'être un génie pour savoir ce qui pouvait bien les attendre. Ils n'avaient plus de temps à perdre.
Malheureusement, même s'il ne voyait pas très bien par la fenêtre, les ombres qui se dessinaient au loin derrière la vitre étaient nombreuses. Comment avaient-ils connaître leur présence ? Ils les avaient peut-être vus par la fenêtre aux aussi… mais ce n'était pas le moment de se poser la question. Ce qu'il fallait faire, c'était les mettre hors d'état de nuire… et vite.

Le lien entre les bouteilles d'alcool, vieux bandages et son envie de fumer se fit assez rapidement dans son esprit. C''était facile, concis, efficace et il ne fallait pas être pyrotechnicien pour réussir un cocktail Molotov, surtout contre une horde d'infectés. Il attrapa son sac et surtout son paquet de cigarettes où il gardait un briquet. Puis il récupéra une bouteille de désinfectant et en versa une partie par terre pour qu'il puisse y passer les vieux bandages. En quinze secondes c'était prêt, et il alla coller la bouteille restante dans les mains d'Elyse. Il n'avait pas de deuxième briquet et il ignorait si elle en avait un - elle avait fumé devant lui mais ça lui était complètement sorti de la tête, il fallait pas trop lui en demander non plus, mais pour sa défense son briquet aurait très bien pu tomber de son sac tout à l'heure - mais une bouteille d'alcool toute simple contre des infectés déjà enflammés ça pouvait être bien, aussi.
« Je suppose que tu sais comment t'en servir. Allez c'parti. »
Il lui lança pendant deux secondes un regard concerné. Il allait falloir qu'elle fasse encore des efforts après cette crise.
Finalement il se dirigea vers la porte de qui menait dehors, arme artisanale dans une main, arme à feu de l'autre. Sans hésitation aucune, il tira sèchement une balle sur l'infecté juste à côté de lui. Dans la tête, il tomba immédiatement. Les autres étaient plus loin et… ils étaient décidément trop nombreux pour qu'il ne s'amuse à les compter.

C'était reparti.

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MessageSujet: Re: Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]   Mar 21 Fév - 16:56

Et voilà! \o/ J'ai enfin rep!
Désolée pour cette réponse pourrie, je me rattraperai au prochain. \o/

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    « Tu dois avoir tes raisons. »

    En effet, des raisons, elle en avait.
    D'avoir été jeune.
    D'avoir été stupide.
    De s'être bêtement laissée tenter.
    D'avoir cru être plus forte que les autres.
    De penser que les mauvaises choses n'arrivaient qu'aux autres... sans jamais penser qu'elle aussi était les autres.

    Puis, quand le cauchemar avait pris fin, un autre avait pris sa place. Quelle était sa raison pour ça? Tout ça n'avait plus été qu'une simple fatalité. Elle n'y pouvait rien. Tout lui était tombé sur la gueule comme ça.
    Mais peut-être que si le premier cauchemar n'avait pas eu lieu, le second n'aurait pas commencé. Si elle n'avait pas été si conne par le passé, peut-être qu'elle aurait pu décrocher aussitôt qu'elle avait su qu'elle n'avait pas besoin de ce vaccin bourré de drogues. Peut-être qu'elle aurait pu décrocher, si elle avait eu encore quelqu'un à aimer, si elle avait pu la sauver.
    Oui, peut-être...

    Ça faisait beaucoup de ''peut-être''. Mais Elyse savait mieux que quiconque qu'on ne pouvait pas changer le passer. Y réfléchir ne servait même à rien. Il fallait aller de l'avant comme on le disait souvent. Mais comment réussir à espérer dans ce monde détruit? L'idée de se réfugier dans ses souvenirs, de fuir la réalité était des plus tentantes. Mais ce n'était pas le genre de la brune.
    Même pour un jour de plus, une heure, une seconde de plus... elle se battrait pour survivre. Même si ça n'avait plus aucun sens, elle se battrait jusqu'au bout.
    Simple instinct de survie? Désespoir? Elyse ne savait pas. Et elle se foutait de connaître la réponse. Elle n'en avait pas besoin. Elle laisserait ce genre de réflexion aux penseurs, elle elle agirait.

    Justement, le temps semblait à l'action. A peine Aaron eut-il dit qu'il était temps de partir qu'un grognement se fit entendre. Tiens donc, le retour de la cavalerie?
    Réagissant au quart de tour, la jeune femme saisit son arme accrochée à sa ceinture -c'était un miracle d'ailleurs qu'elle tienne encore, tout comme ses lunettes en fait. Se levant, pas trop brusquement toutefois pour ne pas être étourdie, la jeune femme se tient prête à réagir. Elle tenta même une pointe d'humour.

    « Pas trop tôt, je commençais à trouver ça chiant là. »

    Pure ironie. Si se confronter à ces choses ne la terrorisait plus comme par le passée, la jeune femme préférait éviter ces dernières tout autant que le premier jour. A vrai dire, ce n'était pas être face à ces zombies qui faisaient peur. Non. Ce qui était effrayant chez ces monstres étaient d'imaginer ce qu'ils vous feraient s'ils vous attrapaient.
    Être dévoré encore vivant, écartelé, déchiré comme un vulgaire morceau de viande dont quelques hyènes se disputeraient la propriété. Elyse n'avait pas peur de mourir, mais elle se donnerait elle-même la mort plutôt que de subir ça.
    C'était d'ailleurs la raison pour laquelle elle gardait en permanence une balle dans son révolver. Elle ne l'utilisait jamais pour tirer, elle la réservait juste au cas où.
    Mais pas question de penser à crever pour l'instant. Pas encore. Pour l'instant, c'était ces putains de saloperies qu'elle enverrait en enfer.

    Alors qu'Aaron s'activait dans son coin depuis un petit moment, le jeune homme vint lui passer une bouteille d'alcool dans les mains avec des bandages en dépassant. Il ne fallu qu'une seconde à peine pour qu'Elyse ne comprenne.
    Boum pensa-t-elle en observant le flacon. Aussitôt, elle fouilla rapidement son sac pour en sortir son briquet. Il était vieux, abimé -le dessin de Snoopy dessus s'était complètement effacé maintenant- mais il fonctionnait toujours.
    La jeune femme s'organisa en quelques secondes à peine. Son corps se remettait doucement, mais maintenant qu'elle avait eu sa dose son esprit était redevenu vif. Le flingue dans une main, la bouteille dans l'autre et le briquet dans la poche -rapide d'accès donc.

    Puis, tout alla très vite.
    Aaron ouvrit la porte et s'engouffra à l'extérieur, suivit de près par la brune. Le comité d'accueil était là. Pas le moment de tranquillement se reposer, il était temps de se bouger. La jeune femme observa rapidement leur environnement alors que son camarade explosait gentiment les zombies aux alentours.
    Ils étaient dans la cour de derrière. Il fallait donc contourner le bâtiment et passer par l'ancienne cour de jeu pour revenir à la voiture, en espérant que la masse d'infectés de tout à l'heure serait partie. Mais avec le boucan qu'ils faisaient maintenant, les deux jeunes adultes devraient avoir la chance qu'elle se ramène ici aussi. Déjà qu'il y en avait un bon paquet devant eux, ils étaient loin d'être tiré d'affaire.

    En tout cas, il fallait rapidement se tirer avant que le groupe principal ne vienne à eux.

    « A gauche! » lui gueula Elyse. Inutile de se retenir de faire du bruit maintenant. « Prend le passage à gauche pour retourner devant le bâtiment! »

    Sans plus attendre, après avoir explosé un zombie un peu trop proche, elle rangea rapidement son arme à sa ceinture et sorti son briquet. C'était le moment de voir si elle était bonne en baseball ou non.
    Allumant la mèche de la bouteille, elle balança ainsi cette dernière sur le groupe d'infecté. Ces derniers ne sentaient pas la douleur, mais le feu les ralentirait un temps -jusqu'à qu'ils soient complètement consumés en fait.
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Un, deux, trois, courez. [pv Aaron]

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